S'occuper des résidents bruxellois jeunes ou âgés, avec ou sans handicap


Nous voulons une ville qui prenne soin de ses habitants. Mais la question des soins est une question difficile vu la complexité du paysage de la santé : ce sont pas moins de six pouvoirs qui s’exercent à Bruxelles, malheureusement de manière séparée - les communautés, les commissions communautaires, la COCOM et le gouvernement fédéral. Le résultat est kafkaïen : impossible de savoir si tous les Bruxellois font un dépistage du cancer de l’intestin car les Communautés flamande et française ne collaborent pas en matière de prévention. Ou s’il y a des listes d’attente pour les soins à domicile financés par la COCOM et la COCOF alors que des places subventionnées par la commission communautaire flamande restent disponibles, car elles sont plus chères...


En outre, la mise en œuvre concrète d'un certain nombre de nouvelles compétences à Bruxelles demeure très incertaine : quelles conséquences si la Protection sociale flamande (VSB) devait être entièrement appliquée ? Les Bruxellois qui n’y sont pas inscrits auraient-ils encore accès aux centres de soins flamands reconnus ? Ces établissements resteraient-ils rentables si la Communauté flamande passait à un système de financement « qui suit la personne » ?

 
Tous ces exemples illustrent bien le morcellement du paysage des soins à Bruxelles, le manque de lisibilité, de cohérence et d’efficacité. Aujourd'hui, les différentes autorités mènent leur politique de leur côté, ce qui est non seulement coûteux, mais aussi déroutant, voire dangereux, pour les personnes qui ont besoin de soins. Il n'y a pas de vue d'ensemble pour savoir quels patients ou groupes cibles sont suivis par quelle autorité et ce sont surtout les plus vulnérables qui risquent de passer entre les mailles du filet.


L’accessibilité des soins reste quoiqu’il en soit un sujet épineux : plus d’un Bruxellois sur cinq repousse des soins à plus tard pour des motifs financiers, un problème qui ne concerne que 5 % des Flamands et 9 % des Wallons. Pour les Bruxellois ayant un faible revenu, cette proportion atteint presque un sur deux. 


Nous voulons garantir à tous des soins intégrés, abordables, de qualité et mettant l’humain au centre des préoccupations et développer un Master plan Soins de santé pour Bruxelles qui serait coordonné par la région. Il rassemblerait toutes les autorités concernées autour de la table dans le but de créer une stratégie adaptée à Bruxelles, chacune poursuivant un objectif commun et travaillant de manière aussi concertée et complémentaire que possible à la prévention et à la sensibilisation, aux soins de première ligne, à la politique hospitalière, à la santé mentale, aux soins gériatriques, aux maladies chroniques et aux addictions. L’expertise existante des organismes comme le Kenniscentrum WWZ, la plate-forme pour personnes âgées BOP, la Maison de la Santé et autres constitue pour cela un point de départ idéal. 


L’objectif est d’aboutir à une offre de soins centralisée, bilingue et coordonnée pour tous les Bruxellois et qui mise sur la coopération interdisciplinaire. 

Soins de santé pour tous


Les meilleurs soins de santé sont ceux dont on a pas besoin. Une sensibilisation coordonnée, un dépistage préventif et une amélioration des compétences médicales peuvent réduire la demande de soins de la population bruxelloise. 

 

  • Aujourd'hui, la sensibilisation n'est souvent pas adaptée à la métropole et à sa diversité, ce qui empêche de combattre efficacement les inégalités sociales dans le secteur. La communication et la promotion doivent s’adresser aux personnes vivant dans la pauvreté et à celles issues de l'immigration. L'école est l'endroit idéal pour sensibiliser les enfants aux modes de vie sains, particulièrement en matière d’alimentation. Une coordination globale au niveau de Bruxelles doit être mise en œuvre pour remédier au morcellement des différents projets. Les projets visant à promouvoir les visites chez le dentiste peuvent servir d'exemple à une telle approche. 

  • Une attention particulière devrait être accordée au dépistage du cancer chez les personnes en situation de pauvreté ou issues de l'immigration. Aujourd’hui, près de la moitié des femmes bruxelloises du groupe à risque pour le cancer du sein ne se font pas dépister, souvent en raison de barrières culturelles ou socio-économiques. Des contrôles corrects et un traitement en précoce permettent de sauver des vies mais aussi d’économiser de l’argent qui peut alors servir à financer davantage de campagnes ou pour le développement de méthodes axées sur les groupes cibles.

 

  • Nous voulons organiser de manière coordonnée des dépistages (du cancer) accessibles à tous les Bruxellois et gratuits, comme c’est déjà le cas pour le dépistage du cancer du sein par l’asbl Brummamo et du cancer de l’intestin. Ces dépistages doivent être très accessibles et gratuits. Les médecins, les pharmaciens et les hôpitaux devraient être  encouragés à mieux informer leurs patients à ce sujet. Nous voulons connaître le nombre de dépistage et quel public est concerné. De cette manière, des campagnes ciblées de sensibilisation pourront être organisées pour que tout le monde se fasse dépister. 

  • Bruxelles a besoin d'une politique efficace en matière de prévention et de traitement des addictions. Ce Master plan Soins de santé bruxellois devra inclure un plan-drogue régional développé en collaboration avec tous les acteurs (communaux) de terrain concernés et en établissant des liens clairs entre traitement de la toxicomanie, aide psychologique et logement de manière à créer une approche intégrée. Un meilleur suivi du problème, la prévention, la réduction des risques et l'assistance sont essentiels, ce qui demande, entre autres choses, des campagnes concrètes adaptées à tous les Bruxellois et aux différents groupes cibles à Bruxelles (multilingues, multiculturels). Nous voulons aussi mettre sur pied un centre intégré pour le traitement de la toxicomanie, avec des places supplémentaires facilement accessibles et une salle de consommation à moindre risque pour que les toxicomanes puissent consommer de manière sécurisée et aient accès aux soins adaptés.

 

  • Nous voulons que l'obésité et le diabète fassent l'objet d'une attention suffisante. L'obésité provoque diverses maladies (diabète, maladies cardiaques...) et doit être combattue à tous les âges. Un Belge sur 12 souffre de diabète, et la maladie progresse également à un rythme alarmant à Bruxelles. Il faut davantage sensibiliser les personnes ayant un accès plus difficile à l'information, pour cela nous voulons faire appel à l'expertise de la clinique multidisciplinaire du diabète de l'UZ Brussel.

 

  • Toutes les informations sanitaires doivent être mises à disposition de manière aussi centralisée que possible afin que tous les Bruxellois, prestataires de soins ou citoyens, sachent où les trouver. La première étape consiste à créer une base de données de l'ensemble de l'offre de soins, l'information doit être centralisée online et physiquement, via toutes les organisations de première ligne de Bruxelles. Nous voulons aussi créer un statut pour les travailleuses du sexe.

 

  • Il faut un projet bruxellois visant à renforcer les compétences médicales afin que tous les Bruxellois puissent trouver, interpréter et agir sur la base de ces informations pour améliorer leur propre santé et leur qualité de vie. Ce projet doit se concentrer en premier lieu sur les groupes vulnérables et s’inspirer des bonnes pratiques déjà en cours à l’étranger, à l’exemple de Health Literacy for All en Autriche ou Ordonnance visuelle en France. 

 

Le développement des soins de première ligne est une priorité absolue pour Bruxelles, les habitants devraient avoir accès dans leur quartier à des prestataires de soins professionnels qui répondent à leurs questions d’ordre physiologique, psychologique et sociale. 
 

  • Le système des centres de santé de quartier à Bruxelles mérite une promotion active, en effet, ces centres utilisent un système de paiement forfaitaire (rendant de facto les soins gratuits pour les membres) et facilitent ainsi l’accès pour tous à des soins adaptés. Ces centres de santé de quartier sont certainement plus que nécessaires dans le contexte bruxellois, caractérisé par une forte pauvreté et des soins de première ligne peu développés. Ils travaillent également de manière multidisciplinaire, en mettant l'accent sur la médecine curative ainsi que sur les activités et les habitudes de vie et d'alimentation saines.

 

  • Nous visons à renforcer les soins de première ligne : les médecins généralistes doivent être encouragés à s'installer à Bruxelles dans des centres multidisciplinaires accueillant infirmières, psychologues et psychothérapeutes. Pour ce faire, nous voulons proposer des incitants financiers au développement de cabinets de groupe, en donnant la priorité aux quartiers en manque de médecins. On encourage ainsi en outre la collaboration interdisciplinaire, notamment avec les nutritionnistes ou les travailleurs sociaux. 

 

  • Nous prévoyons aussi la création de nouveaux centres de santé mentale offrant des soins psychologiques accessibles. 

  • Le tout nouveau centre de soutien pour la coordination et le soutien des soins de première ligne doit être optimisé pour devenir une véritable plate-forme d’aide, de conseil et d’accompagnement pour l’ensemble des prestataires du secteur des soins de première ligne, particulièrement pour les problématiques complexes. 

 

  • Tous les prestataires devraient avoir accès à un système électronique permettant le partage d’informations entre communautés. Chaque médecin doit pouvoir avoir une vision globale du dossier médical et de la trajectoire de vaccination de ses patients, qu’ils soient traités par des médecins ou vaccinés via l’école ou la crèche de langue française ou néerlandaise. Nous veillerons évidemment à que ce système intègre les protections nécessaires en matière de vie privée des patients et de secret professionnel.

 

  • Les organismes de santé devront chercher activement les personnes qui ne peuvent pas se rendre seules chez le médecin parmi les groupes les plus défavorisés, comme les sans-abri et développons de cette manière les soins « d’avant-première ligne ».  

 

  • Les citoyens doivent être informés au sujet des paiements chez le dentiste ou le médecin et il faut des contrôles fréquents pour détecter les fraudes. Le règlement sur le ticket modérateur doit aussi valoir pour les visites chez le dentiste. 

 

  • Il faut optimiser l’utilisation de l'offre de soins spécialisés et l’élargir si besoin. 

 

  • La réforme des hôpitaux et leur mise en réseau devraient conduire à une répartition claire des tâches et à une meilleure coopération, notamment pour les soins de première ligne. La concurrence est aujourd’hui trop forte entre hôpitaux et entre soins de première ligne et hôpitaux, ce qui fait obstacle à l'utilisation rationnelle des ressources et à l'amélioration de la qualité des soins. Le droit à des soins de santé accessibles et non discriminatoires de qualité doit également être garanti lors des fusions entre hôpitaux publics et privés.

 

  • Un réseau public solide et unique doit être créé au sein du nouveau réseau hospitalier car seul un tel réseau peut garantir des soins de santé de qualité et à dimension sociale pour Bruxelles. 

 

  • En effet, l'accessibilité pour l'ensemble de la population et la qualité des soins vont de pair. Tant que la politique fédérale actuelle sur les suppléments n'est pas modifiée, les suppléments d'honoraires dans les hôpitaux publics doivent être limités à 100 %. À terme, l’objectif est de les supprimer. Et ceci s'appliquera aussi à tous les établissements qui résulteront de la fusion d'hôpitaux publics et privés.

 

  • Bruxelles souffre d'une pénurie inquiétante et inacceptable de places d’accueil pour les personnes souffrant de problèmes psychiatriques. Ce groupe cible vulnérable est très diversifié : patients âgés en psychiatrie, sans-abri, jeunes atteints d'un trouble psychopathologique, toxicomanes, personnes atteintes de troubles multiples et à double diagnostic. Outre l'extension et le renforcement des soins ambulatoires, il faut créer davantage de places dans les services spécialisés (hôpitaux psychiatriques, services psychiatriques dans les hôpitaux généraux, services de garde, communautés thérapeutiques, logements protégés, structures d'accueil dans le secteur social). Le renforcement des structures de santé mentale devrait également garantir que les patients ayant besoin de soins ne séjournent plus dans les services d’urgence des hôpitaux généraux, où ils n'ont pas leur place, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui, surtout pour les personnes qui souffrent d’un problème psychologique complexe ou qui ont un double diagnostic. L'assistance doit être coordonnée afin que chaque patient soit reçu et bénéficie du suivi nécessaire au niveau qui répond le mieux à ses besoins à tout moment. L'objectif est de traiter les patients autant que possible en ambulatoire et de ne pas les couper de la société : la Plate-forme de Concertation pour la Santé Mentale en Région de Bruxelles-Capitale devra recevoir ici un soutien maximal. Il faudra en outre davantage de places en habitat accompagné autonome avec une véritable qualité d'accompagnement. 


Les Bruxellois doivent pouvoir choisir en toute liberté qui les prendra en charge parmi les institutions néerlandophones, francophones ou bruxelloises. 
 

  • Le nouveau système de la Protection sociale flamande (VSB) ne peut pas entraver l’accès des bruxellois qui n'y ont pas adhéré aux institutions de soins flamandes reconnues. Pour les Bruxellois, la protection sociale flamande ne peut être qu'une forme d'assurance complémentaire avec des primes pour les coûts non médicaux (prime de soins et budget d'assistance de base pour les personnes handicapées).

  • Il faut pouvoir aider en néerlandais tous les Bruxellois qui en font la demande, dans toutes les institutions bruxelloises. Nous voulons élaborer un plan linguistique pour tous les établissements de la COCOM et prévoir des formations et primes pour le personnel afin de pouvoir garantir en tout temps le bilinguisme dans la prestation des services. 

  • Les patients transportés en ambulance pour une assistance médicale d'urgence doivent être amenés à l'hôpital le plus proche, sans leur laisser le choix. Les urgences des hôpitaux francophones ont souvent une connaissance insuffisante du néerlandais, nous travaillerons donc également sur le soutien linguistique des services d'urgence des hôpitaux bruxellois.

Chaque établissement doit disposer d'un personnel de santé de qualité.

 

  • La pénurie de personnel sévit cependant dans de nombreux secteurs, comme celui des infirmières ou du personnel soignant. Afin de rendre ces métiers plus attrayants, nous voulons promouvoir ces filières dans l'enseignement secondaire et lancer des campagnes de sensibilisation plus larges.

  • La profession elle-même pourrait être rendue plus attrayante en offrant des possibilités de carrière flexibles au personnel de santé et en investissant dans l'éducation et la formation continue. Une politique de ressources humaines moderne moins lourde et offrant des possibilités de formation ainsi que des plannings plus lisibles permettraient d’alléger la charge de travail.

 

  • Dans un contexte bruxellois très divers, les citoyens et les prestataires de soins ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Le personnel devrait être formé aux soins sensibles à la culture. 

 

De nombreux patients souhaitent être soignés dans un environnement familier. Il en va de leur intérêt et de celui de la société. 
 

  • L'éventail des soins à domicile devrait être plus accessible et encore enrichi. Aujourd'hui, les offres francophone et néerlandophone pratiquent des prix différents : les soins à domicile subventionnés par la COCOM et la COCOF sont moins chers que ceux financés par la Communauté flamande. Résultat : une liste d'attente pour l'offre francophone et une capacité excédentaire pour l'offre néerlandophone. Nous voulons réunir l’ensemble des autorités compétentes autour de la table (Communauté flamande, COCOM et COCOF) pour élaborer une politique de prix coordonnée.
     

  • Les prestataires de soins à domicile doivent pouvoir compter sur un encadrement de qualité pour être en mesure d’assumer la charge de travail et permettre une collaboration aisée avec les soins de première ligne ou les soins spécialisés en vue de garantir la continuité des soins. 
     

  • Les aidants proches méritent plus de respect, de soutien et d'orientation, nous devons encourager les citoyens à prendre soin les uns des autres. Les aidants proches sont également la meilleure garantie contre la solitude des personnes âgées, c'est pourquoi nous voulons que les mesures de soutien en faveur des aidants proches évoluent vers un véritable statut. Les aidants proches des personnes en situation de grande dépendance doivent recevoir les conseils et les moyens nécessaires par des aidants professionnels (travailleurs sociaux, psychologues...) pour éviter qu'ils se retrouvent débordés. Les mutuelles, les CPAS et les associations locales d’aide sociale doivent devenir des points de contact pour soutenir les aidants proches. Une stratégie spécifique sera également élaborée pour soutenir et guider les aidants proches de moins de 18 ans.
     

Vieillir à Bruxelles
 

Le vieillissement de la population connaît une double dynamique à Bruxelles. D'ici 2040, le nombre de personnes âgées passera de 200 000 à 290 000. Même dans une Bruxelles somme toute plutôt jeune, nous devons également investir dans les opportunités et les besoins des seniors. Car les personnes âgées sont tout sauf dépassés. Elles participent activement à la vie associative, s'occupent de leurs petits-enfants, font les courses les uns des autres.  Elles doivent pouvoir jouir de l’ensemble de leurs droits et participer aux activités sociales, économiques, culturelles et politiques.
Mais il faut aussi tenir compte du besoin croissant de soins et de soutien.

 

Nous voulons des soins intégrés pour les personnes âgées dans une stratégie régionale développée sur la base d’une étude programmatique et s’inscrivant dans le cadre du Master plan Soins bruxellois. Nous analyserons ce qui existe déjà et identifierons les besoins, quartier par quartier, et, en fonction de cela, nous coordonnerons au mieux l'offre (nouvelle) des différentes autorités. 
Nous partons du principe que les services de soutien, d'assistance et de soins doivent être accessibles, disponibles et abordables pour tous et le meilleur moyen d'y parvenir est de suivre les principes et les méthodes des soins de quartier. Cela suppose au minimum une bonne coopération entre les guichets sociaux des CPAS, les centres de santé de quartier, les maisons de quartier et les services locaux.

 

Les personnes âgées doivent pouvoir continuer à vivre aussi longtemps que possible dans un environnement familier.
 

  • Un programme de prévention des chutes devra permettre aux séniors de faire inspecter leur logement au niveau des risques de chute et leur permettre d’apporter les adaptations nécessaires. Des primes doivent être prévues pour les personnes souhaitant adapter leur logement aux besoins des personnes âgées (salle de bain, monte-escalier, domotique...). Les personnes âgées ayant un bas revenu doivent pouvoir faire les travaux nécessaires grâce à une collaboration avec le secteur de l’économie sociale ou les ALE.

 

  • Nous voulons organiser des soins de proximité dans tous les quartiers : l’ensemble des soins et de l'assistance aux personnes âgées (professionnels et bénévoles) doivent être coordonnés par quartier, un point de contact unique sera instauré. 

 

  • Nous voulons développer une offre qualitative, variée et accessible en matière de soins et de soutien aux personnes âgées. Nous voulons prolonger le moratoire sur la création de lits en maison de repos. Le surplus de lits dans les maisons de repos doit servir à augmenter l’offre des centres de soins de jour, de court séjour et à un meilleur encadrement des soins lourds (MRS). Nous devons travailler à une amélioration des normes d’encadrement et de qualité en vue de garantir une offre qualitative. Il faut en outre veiller à étendre l’offre de formes de logement flexible comme les sénioreries ou flats-services abordables, les projets d’habitat intergénérationnel, l’habitat kangourou, les centres de soins de jour. De cette façon, les soins pourront être intégrés au logement. Ces prestations ainsi que les maisons de repos et les soins à domiciles doivent rester abordables, nous devons pour cela développer une politique tarifaire proactive. La facture de base des maisons de repos ne doit ainsi jamais dépasser le montant de la pension minimum. Nous prévoyons également un plafonnement pour les centres de soins privés. 
     

  • L'accessibilité à des soins suffisamment variés pour les personnes âgées nécessite également davantage de services ambulatoires, il faut rendre les soins mobiles, pas les personnes âgées. Pour répondre à cette exigence, les services ambulatoires, et plus particulièrement les soins à domicile, doivent être élargis et mieux connus. 
     

  • Transactions bancaires, déclaration d’impôt, recherche d'informations, facturation des services : de plus en plus de choses se font en ligne. Il faut lancer des projets pour améliorer les compétences informatiques des personnes âgées et leur permettre ainsi de vivre plus longtemps de manière autonome. Il semblerait en effet que de plus en plus de séniors n’arrivent pas à s’en sortir et doivent ainsi se passer de services essentiels, surtout bancaires. Les guichets électroniques sont un complément efficace à l’échange entre personne mais ils ne pourront jamais s’y substituer entièrement. Des projets de quartiers susceptibles de rassembler plusieurs générations doivent être lancés pour lutter contre l’isolement des séniors. 
     

  • Nous voulons coordonner les demandes visant l’entraide des différentes générations du quartier : courses, baby-sitting, offre d’espace d'étude pour les étudiants... 
     

  • Nous comptons améliorer la mobilité des personnes âgées grâce à une batterie de mesures. Les personnes âgées doivent pouvoir se sentir en sécurité à tout moment dans les transports publics et dans la rue et les bâtiments publics et véhicules des transports publics doivent être adaptés aux personnes à mobilité réduite. Les chauffeurs de bus doivent attendre que tout le monde soit assis avant de redémarrer... L’espace public doit être aménagé de sorte à devenir plus « ami des aînés ». Or ceci nécessite des investissements adaptés : éclairage public, passages piétons et trottoirs sécurisés. En outre, des transports spécifiques, à l’image des Collecto, peuvent compléter les transports publics, afin que les personnes âgées puissent participer aux loisirs ou faire leurs courses.
     

  • À Bruxelles, un tiers des personnes âgées sont issues de l'immigration et sont trop souvent confrontées à des obstacles dans l'accès aux soins ainsi qu’à un risque accru de pauvreté. Des soins accessibles et inclusifs pour les personnes âgées signifient que nous tenons compte de leurs besoins et que l'on y prête attention dans la formation des prestataires locaux. Nous devons soutenir les formes de logement rassemblant des personnes âgées d'origines différentes dans le respect de leur individualité, de leur religion et de leurs valeurs et normes. 
     

Les personnes handicapées
 

Les personnes handicapées font partie de notre société et veulent y participer au même titre que les autres. Dans le cadre du Master plan Soins bruxellois, nous souhaitons développer une stratégie régionale pour identifier et harmoniser les besoins des personnes handicapées, quel que soit leur âge. La région doit jouer un rôle de coordination pour améliorer la cohérence et la coopération dans les décisions des communautés et commissions communautaires. 
 

  • Cela suppose à tout le moins que tous les établissements de soins pour personnes handicapées soient répertoriés et qu'une stratégie commune soit mise en place pour répondre à leurs besoins. 
     

  • Au moins un point de contact bilingue doit être mis sur pied pour les demandes d'aide des personnes handicapées à Bruxelles. Il doit s'agir d'un accueil intégré et large pour guider les personnes handicapées vers une offre d'assistance appropriée et où l'on peut vérifier si la personne demandant de l'aide fait un usage optimal de ses droits. La confusion règne encore trop souvent entre les différents types d'aides et entre les procédures francophone et flamande. 
     

  • Le gouvernement a le devoir d'adapter l’espace public, les bâtiments publics, les transports publics et d'aménager la voie publique afin que les usagers vulnérables, les enfants ou les personnes handicapées puissent les utiliser en toute sécurité. La mobilité des personnes handicapées demande la même liberté de choix que celle des personnes non handicapées. Il faut des places de stationnement suffisamment spacieuses, des transports publics réguliers et accessibles (métro/tram/bus) et des transports spécialement adaptés pour les personnes qui ne peuvent pas profiter de cette offre (minibus STIB). Les taxis accessibles sont dernière pièce du puzzle. L'accès à l'éducation (continue), à la formation et au travail et la participation au sport, à la culture et à toutes les formes de loisirs doivent également être adaptés aux besoins des personnes handicapées. Le gouvernement doit contraindre, sensibiliser ou subventionner pour que tous les bâtiments publics et commerciaux deviennent aussi accessibles que possible.
     

  • Les personnes handicapées devraient également pouvoir bénéficier d'une aide à l'emploi appropriée ou d'un parcours d'activation leur permettant de travailler dans le circuit économique normal (CEN). En collaboration avec la région, les communautés doivent élaborer un plan afin que chaque personne handicapée à Bruxelles puisse bénéficier d'un soutien approprié pour trouver un emploi. 
     

Prostitution 
 

  • Les travailleuses du sexe sont trop souvent victimes d’exploitation. Certains gagnent beaucoup d’argent dans la prostitution, nous voulons développer une approche plus agressive vis-à-vis des proxénètes et des réseaux criminels dans notre ville, en accordant une attention particulière aux prostituées adolescentes). Nous estimons aussi que les hommes et les femmes en situation de prostitution doivent pouvoir bénéficier d’une assistance. 
     

  • Bruxelles a besoin d’un centre d’accueil facilement accessible pour les travailleurs/travailleuses du sexe. Les diverses associations pourront ainsi apporter un soutien plus adapté aux travailleurs/travailleuses du sexe, notamment via des parcours de sortie de la prostitution, des informations sanitaires, des dépistages des IST/du VIH, une vaccination contre l’hépatite B, une aide sociale et juridique... Dans cette optique, il convient d’établir et de faire respecter des normes hygiéniques dans les maisons closes.
     

  • En collaboration avec la Ville de Bruxelles, Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode, la Région développera une zone de tolérance à la prostitution en vitrine. Une déclaration de politique en matière de prostitution assurerait un suivi, une approche et des mesures conjointes. Il faut davantage de caméras de surveillance et une antenne de police.
     

  • Cette approche harmonisée déploiera des équipes multifonctionnelles de liaison de police avec la rue visant à lutter contre les nuisances et la criminalité dans les espaces publics et à détecter les réseaux criminels. Il est tout aussi important d'établir une relation de confiance, d'information solide et de protection. 
     

  • Nous voulons construire un réseau de confiance et nous concentrer sur les aspects médicaux et psychologiques, ainsi que sur l'accompagnement juridique et le tremplin vers la formation, le travail et le logement. Nous comptons y associer les organisations de première ligne et les CPAS.
     

  • En 2016, une étude a été réalisée sur les nouvelles formes de prostitution dans les milieux étudiants, parmi les jeunes homosexuels et les citoyens de l'UE des récents États membres qui s'installent dans les grandes villes sous couvert d'un emploi régulier. Cette étude doit faire l'objet d'une attention politique urgente et d'un suivi pratique.
     

©one.brussels

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