Des crèches de quartier abordables


La garde d’enfants est cruciale pour la participation sociale de tous, petits et grands. Elle permet aux parents de se former, de passer des entretiens d’embauche, de rester vivre en ville, de se détendre. Mais cet accueil ne sert pas seulement à soulager les parents qui travaillent (ou cherchent un emploi), la crèche est un lieu d’épanouissement pour les enfants. C’est le lieu où ils se développent, aussi au niveau du langage, que leurs parents travaillent ou non.
Si Bruxelles veut être en mesure de faire face à l’explosion démographique et de lutter contre la pauvreté croissante, il est impératif de rendre l’accueil de la petite enfance abordable. Les parents ont déjà des difficultés à trouver des places. Toutes les familles bruxelloises doivent avoir droit à une crèche/garderie. On ne saurait accepter un accueil à deux vitesses, pour les familles riches et pour les familles pauvres, pour les quartiers chics et les quartiers défavorisés. Il doit y avoir une place pour chaque enfant, dans des crèches de qualité et pour des prix adaptés aux revenus.

one.brussels aussi pour la garde d’enfants

 

  • À Bruxelles, les deux communautés sont compétentes pour la garde d’enfants, les besoins sont établis de manière séparée et il n’y a aucune concertation entre communautés sur l’implantation des nouvelles crèches. La coopération entre crèches des deux communautés est donc difficile. Nous voulons des crèches de qualité et abordables pour tous les enfants de Bruxelles. En concertation avec les communautés, nous voulons élaborer un Master plan Accueil de la petite enfance pour Bruxelles, dans lequel la région jouera un rôle de coordination bien délimité : elle fera un état des lieux de l’offre existante et des besoins supplémentaires. Elle fixera une trajectoire de croissance détaillée pour l’augmentation et la répartition de la capacité d’accueil. La région créera en outre une banque de données des meilleures pratiques sur la base des initiatives et méthodes ayant porté leurs fruits et harmonisera les politiques d’inscription de l’ONE (Office de la naissance et de l’enfance) et de K&G (Kind en Gezin). Les inscriptions multiples seront ainsi plus faciles à détecter et nous pourrons donc suivre en continu les besoins par quartier.

 

  • Nous voulons créer un guichet central et des antennes locales dans les quartiers ainsi qu’un site Internet central accessible pour les parents qui veulent se renseigner sur les crèches ou les accueillantes à domicile. La Région devra jouer ici un rôle de coordination. Le guichet orientera le public vers les offres néerlandophone, francophone ou vers l’offre bilingue que nous voulons créer.

  • La COCOM a aujourd’hui la possibilité d’agréer les crèches et donc d’en ouvrir. Les membres du personnel de l’administration de la Région bruxelloise bénéficient aujourd’hui déjà d’une crèche bilingue. Nous voulons créer la toute première crèche publique bilingue pour compléter l’offre néerlandophone et francophone. Le bilinguisme sera garanti par des exigences linguistiques minimales. 

 

Capacité

 

  • Nous voulons que chaque enfant ait droit à une place en crèche. Notre ambition est d’amener le taux de participation aux crèches au niveau de celui à la maternelle. Mais pour cela, il faudra créer de nouvelles places. Malgré une forte augmentation de la capacité d’accueil ces cinq dernières années, les besoins de places sont encore criants dans l’accueil de la petite enfance néerlandophone.

  • En 2025, Bruxelles comptera environ 59 227 enfants en dessous de 3 ans. Or on dénombrait seulement 19 784 places en 2017, dont 7 195 dans l’accueil néerlandophone. Et il faut prévoir au moins deux places par trois enfants afin d’assurer que chaque enfant puisse aller au moins quelques jours par semaine à la crèche. Au niveau bruxellois, cela demanderait une augmentation de 19 701 places au total, de 5 966 places pour l’accueil néerlandophone. Pour arriver à ce résultat, il faudra considérablement accroître nos efforts pour augmenter rapidement la capacité d’accueil. Nous prévoyons de le faire en suivant une trajectoire de croissance qui sera alignée sur celle des places dans l’enseignement néerlandophone, car nous croyons en une logique de continuité. 

  • La commission communautaire flamande doit jouer un rôle de coordination pour l’accueil néerlandophone de la petite enfance. Elle devra veiller à garantir que les enfants de tous les quartiers aient accès à une crèche. Au besoin, elle conditionnera les financements des offreurs à une présence dans les différents quartiers. La commission communautaire flamande complètera sa politique de financement de la Communauté flamande en libérant les moyens de fonctionnement dans l’attente d’un agrément par K&G. La commission communautaire flamande est d’ailleurs la mieux placée pour s’adresser à la société civile de Bruxelles et devrait dès lors aller activement à la rencontre des acteurs du secteur non marchand pour les encourager à lancer des initiatives.

  • La Région bruxelloise stimulera l’augmentation de la capacité d’accueil par le biais de contrats de rénovation urbaine et de dotations aux commissions communautaires.

  • Outre les espaces communs nécessaires, Citydev devra prévoir l’obligation d’intégrer un espace d’accueil pour enfants dans les grands projets résidentiels ou centres d’entreprises. Citydev pourra ensuite vendre ces espaces ou les mettre en location au profit d’une initiative pour l’accueil des enfants.

  • Nous voulons sensibiliser les employeurs à la thématique de l’entreprise favorable à la famille. Nous inciterons les organisations et entreprises à proposer une crèche. 

  • Le nombre d’accueillantes à domicile doit aussi augmenter de toute urgence. En Flandre, 38 % des enfants fréquentent une accueillante à domicile, contre seulement 1 % à Bruxelles. Or il importe que les parents bruxellois aient la possibilité de le faire, p. ex. si l’enfant est très sensible ou se sent peu à l’aise dans les grands groupes. 

 

  • Nous voulons que tous les bâtiments disponibles soient mis à la disposition de l’accueil des petits aussi vite que possible. À court terme, le nombre de places agréées (et donc subventionnées) par l’ONE et K&G doit aussi augmenter. C’est impératif pour que les initiatives disposant des moyens en infrastructures grâce à un contrat de quartier ou aux communes obtiennent aussi les moyens de fonctionnement pour ouvrir dès que possible. Il en va de même pour les initiatives qui veulent se lancer ou s’étendre grâce à une subvention d’investissement du Fonds flamand de l'infrastructure affectée aux matières personnalisables (VIPA).

 

  • L’adéquation des normes de K&G en matière d’infrastructures devra être évaluée en fonction de la situation bruxelloise.

Un accueil abordable et adapté aux familles bruxelloises

 

  • L’accueil de la petite enfance aide les parents dans leur mission d’éducation, les résultats scolaires et les connaissances linguistiques des enfants s’en ressentent positivement. En outre, le niveau de vie des familles augmente parce que les mères ont la possibilité de travailler. Il est donc essentiel que l’accueil des enfants soit à la portée de toutes les bourses. 

 

  • Pendant sa première année et à partir de six mois, chaque enfant devrait avoir droit à un jour de crèche gratuit par semaine, puis deux jours à partir de la deuxième année. Nous prévoyons en outre de baisser le coût global en liant le prix de toutes les places au revenu. Nous comptons réduire encore les prix minimum pour les groupes prioritaires ou défavorisés et supprimer le règlement relatif aux jours d’absence en cas de maladie, de congé familiaux ou d’urgence en cas d’horaire extraordinaire au travail (principe dit « commander, c’est payer »).

  • Le taux de couverture de l’accueil abordable en lien avec les caractéristiques socio-économiques d’un quartier doit rester un critère clair pour l’attribution de nouvelle place d’accueil, p. ex. pour le financement provisoire par la commission communautaire flamande dans le cadre des contrats de quartier.

  • Nous prévoyons aussi que les crèches proposent des repas durables (bio), ce qui contribuerait également au développement des enfants et à l’égalité des chances. 

 

  • Nous encouragerons les crèches indépendantes et les accueillantes à domicile à adhérer au système de tarifs liés aux revenus pour l’ensemble de leurs capacités d’accueil. 

  • Pour de nombreux parents, les heures d’accueil traditionnelles (de 9h à 17h) ne sont pas adaptées à leur situation : ils travaillent à mi-temps, de nuit ou ont des horaires irréguliers, ils suivent une formation, passent des entretiens d’embauche... C’est pourquoi Bruxelles a des besoins spécifiques en accueil occasionnel et flexible en journée et de nuit. Nous devons mieux recenser l’offre et l’enrichir, en prêtant une attention particulière aux familles monoparentales. Il convient aussi de prévoir un accueil et des gardes à domicile en suffisance pour les parents dont l’enfant tombe malade. Nous prévoyons pour cela de développer de nouvelles initiatives au niveau des quartiers.

  • Nous renforcerons les « Huizen van het Kind » et les initiatives de soutien à l’éducation comme le Centre de services pour l’Enfant Nasci, les équipes INLOOP et les projets d’accueil pour enfants malades.

 

  • Il faut davantage de bureaux de consultation à Bruxelles. Nous avons besoin d’une réponse urgente aux besoins en infrastructure pour de nombreux services. Là où c’est possible, il faut que ces bureaux de consultations s’insèrent dans un modèle d’école au sens large (Brede School).

 

  • Les structures d’accueil de la petite enfance de la communauté néerlandophone devraient avoir le temps et les moyens pour favoriser l’apprentissage du néerlandais. La capacité devrait suffire pour que les enfants qui arriveront plus tard dans l’enseignement néerlandophone soient en contact avec le néerlandais dès le berceau.

  • Nous souhaitons aussi organiser des cours de langue pour les parents dans les crèches. Nous stimulerons ainsi l’utilisation du néerlandaise hors de la crèche et augmenterons l’implication parentale.

Travailler dans l’accueil de la petite enfance

 

  • L'Office régional bruxellois de l'Emploi (Actiris) et le VDAB, son homologue flamand, peuvent développer une stratégie ciblée pour l’embauche de personnel d’accueil. En cas de besoin, nous prévoyons également un parcours linguistique sur le lieu de travail pour soutenir le personnel d’accueil. Pour répondre aujourd’hui et demain à la demande, nous voulons rendre la formation et le métier de personnel d’accueil en crèche plus attrayants. En effet, de trop nombreux postes restent vacants et trop peu de jeunes suivent ces formations. Nous élaborerons pour cela un plan spécifique pour la formation et l’emploi dans le secteur. Le métier de personnel d’accueil dans les crèches figure d’ailleurs sur la liste des métiers en pénurie à Bruxelles, raison pour laquelle

  • Nous améliorerons la qualité des formations et ferons la promotion du métier en collaboration avec les écoles. Nous voulons également insister sur l’importance sociétale de l’accueil de la petite enfance et viserons à faciliter le passage entre parcours éducatifs pour rendre le métier plus attrayant. Ainsi, un membre du personnel d’accueil pourra obtenir un bachelier ou plus facilement travailler dans l’enseignement ou l’aide à la jeunesse. Actiris, Bruxelles-Formation et le VDAB bruxellois doivent encourager les Bruxellois à se reconvertir en accueillants de la petite enfance. Pour les nombreux primo-arrivants et personnes peu qualifiées, particulièrement les femmes et les mères célibataires, durement touchées par le chômage, c’est également une occasion à saisir pour rentrer sur le marché du travail, à condition que nous organisions des cours de langue et autres formations sur le lieu de travail.  
     

  • Nous plaidons qu’il y ait davantage d’accompagnateurs d’enfants, pour qu’ils soient mieux formés : le ratio accompagnateur/enfant doit être ramené de 1 pour 8 à 1 pour 5, nous souhaitons engager plus de bachelier dans l’accueil de l’enfance. Nous voulons associer accueil de l’enfance et soutien préventif aux familles en développant des initiatives d’accueil pour créer un espace de rencontre pour les parents. 
     

  • Pour ce faire, il convient de garantir des revenus décents aux accueillants pour rendre le métier plus attrayant. 

Accessibilité
 

  • En attendant la création du guichet unique (voir plus haut), nous comptons améliorer le fonctionnement du guichet local pour l’accueil néerlandophone et lui donner plus de visibilité. Le contrôle de la gestion des listes d’attente par les crèches reste insuffisant et les parents se tournent encore trop souvent directement vers elles car ils ont le sentiment qu’ils trouveront plus rapidement une place en contournant le guichet. Nous voulons avoir un meilleur aperçu des besoins réels, mieux accompagner les établissements dans la gestion des listes et aider au mieux les parents à obtenir une place. L’ensemble des crèches bruxelloises devront pour cela collaborer obligatoirement avec le guichet local, qui doit devenir à terme l’interlocuteur exclusif pour demander une place d’accueil. Nous éviterons ainsi les inscriptions multiples tout en supprimant les critères de priorité opaques et les onéreuses garanties d’inscription.
     

  • Le guichet devra aussi proposer un service de baby-sitting centralisé, éventuellement en collaboration avec le service de la petite enfance du Gezinsbond, et collaborer dans ce cadre avec des accompagnateurs d’initiatives de loisirs comme les plaines de jeux, les mouvements de jeunesse, les associations étudiantes, Brik... Ici encore, la formation est LA clé de la qualité. 

©one.brussels

  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon

Des Bruxellois engagés avec le